Les bonnes pratiques à adopter pour cultiver son jardin

Cultiver son jardin en permaculture, c’est se montrer opportuniste et se servir en prio­rité de ce qui vous « tombe » sous la main. Économe en énergie et très modulable, un potager en perma­culture cherchera la « rentabilité » maxi­male, minimisant et mê­me supprimant les apports extérieurs – les fameux « intrants » des mises en culture classi­ques. Au-delà des façons de faire qui fondent les jardins en permaculture – couverture permanente réalisée avec des matières organiques récupérées ou autoproduites et limitation du travail du sol, voire, là où c’est possible, suppression totale de celui-ci –, certaines pra­tiques peuvent être mises en œuvre avec pro­fit. Mais là aussi, il s’agit d’adopter en adaptant.

Les bonnes pratiques à adopter pour cultiver son jardin
Les bonnes pratiques à adopter pour cultiver son jardin

Des potagers traditionnels…

Les potagers traditionnels portent des légumes, des fleurs, des aromates et des fruits sur toute leur surface, exception faite des allées d’accès – d’ailleurs souvent limitées à leur plus simple expression. Les cultures sont conduites en lignes ou regroupées en amas plus ou moins formels, mais toujours très concentrées. C’est la systématisation de la couverture végétale et la réduction du travail du sol à une simple aération qui po­s­eront un potager traditionnel comme jardin conduit en permaculture. Économe en superficie de sol, cette pratique de jardinage est à privilégier dans un jardin petit ou moyen, là où le moindre centimètre carré de terre compte.

… à ceux qui le sont moins

Plus généralement, les potagers en per­maculture circonscrivent les espa­ces cultivés afin d’éviter d’avoir à pié­tiner le sol por­tant les cultures. Ces techniques qui simplifient les mises en culture et leur suivi sont à adopter partout où la surface disponible est importante. Elles permettent en outre une mise en culture rapide de votre jardin dans des conditions traditionnellement peu propices au jardinage : terres exécrables, lourdes, compactes ou trop humides.

Culture en buttes

Culture en buttes
Culture en buttes

La conduite en buttes est systématisée dans les jardins conduits en permaculture, au point de devenir parfois – abusivement – synonyme de permaculture. Les andains longitudinaux de profil triangulaire mesurent habituellement 1,20 m de large (dimension standard des planches de culture dans un potager traditionnel) et se haussent à 50 cm ou plus. Si plusieurs buttes voisinent dans le même jardin, elles sont séparées d’allées de 30 cm de large au minimum, en général de 50 cm, parfois plus. L’ensemble peut être disposé en une butte unique ou en une suite de buttes parallèles ou disposées de manière plus fantaisiste, en U, labyrinthe ou vagues successives.

Généralement cultivée sans travail du sol et avec couverture végétale systématisée, une butte est mise en place de façon permanente et reconduite en culture d’une année sur l’autre. Comme elle a tendance à s’affaisser avec le temps, elle demande un entretien suivi.

Les buttes classiques connaissent diverses adaptations comme les « buttes-sandwichs » qui associent grosses bran­ches et broyats fores­tiers, compost, terre et paillage. Il existe en outre de nombreux ajustements promus par divers jardiniers-permaculteurs. Ces buttes sont parfois complétées par un entourage de planches de bois d’une vingtaine de centimètres de haut qui limite leur affaissement et l’érosion due aux ruissellements.

L’implantation d’une butte relève d’un travail de terrassement contraignant mais permet la mise en culture rapide d’un sol difficile.

  1. Aérez le sol sur toute la surface destinée à recevoir les buttes.
  2. Marquez au cordeau l’emplacement des buttes et des allées qui les séparent.
  3. Entassez vos matières organiques les plus grossières à l’emplacement des futures buttes.
  4. Selon l’état du terrain, creusez les allées à la bêche ou la fourche-bêche – voire à la pelle et à la pioche – sur 20 cm de profondeur et recouvrez avec la terre prélevée les matières organiques déjà en place.
  5. Recouvrez-les d’une ultime couche de terre amendée, de compost mûr, ou, plus simplement, d’une bonne terre de jardin.

Buttes circulaires et spirales à aromates

Buttes circulaires et spirales à aromates
Buttes circulaires et spirales à aromates

D’autres méthodes de culture en relief « ont la cote » dans les jardins en permaculture. Ainsi, les spirales à aromates permettent de cultiver la quasi-totalité des plantes condimentaires en proposant à chacune l’exposi­tion et la profondeur de terre nécessaire pour croître correctement. Les buttes circulaires « en trou de serrure » combinent culture en butte et recyclage des déchets organiques.

Culture en parcelles surélevées

Les parcelles surélevées évoquent la culture en butte dont elles reprennent les dimensions (largeur de 1,20 m et allées de séparation de 50 cm) – toute la surface doit se travailler sans qu’on ait à y poser le pied. Des planches de 10 à 20 cm de haut circonscrivent les espaces de culture et les séparent des allées, facilitant l’accès et l’entretien. Amendées de bonnes terres de jardin ou de compost, elles surplombent la terre alentour de 5 à 20 cm. Les ruissellements et éboulements de terre sont alors limités par l’entourage des planches qui, par ailleurs, évitent la contamination de la zone de culture par les herbes folles des allées.

Culture en lasagnes

Culture en lasagnes
Culture en lasagnes

Les lasagnes relèvent d’une culture en butte particulière. Le terrain – habituellement une pelouse ou une friche – est recouvert de cartons qui formeront le lit destiné à accueillir la lasagne. Suit un épandage en couches successives de diverses matières organiques : tontes de gazon, feuilles mortes et rameaux de préférence broyés, paille, fumier composté, du compost même grossier, etc., sur 50 à 70 cm d’épaisseur. Enfin, une couche de compost mûr ou d’un mélange de terre de jardin et de compost d’une dizaine de centimètres d’épaisseur recouvrira l’ensemble. Un mois plus tard, après tassement, la butte devra encore mesurer au minimum une trentaine de centimètres de haut. Montées en mars, les lasagnes permettent d’accueillir dès avril les premiers radis et laitues et, vers la mi-mai, les tomates, poivrons, aubergines, courgettes et concombres.

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